Exposition individuelle, Maison de la culture de Rosemont-La Petite-Patrie, Montréal, Canada, 10 novembre – 18 décembre 2023, Commissariat: Joséphine Rivard

Poétiques d’une corespiration évoque l’idée d’une respiration commune au cœur de laquelle le temps devient un fondement subjectif. Les œuvres de Julie Roch-Cuerrier s’inscrivent dans l’espace d’exposition telle l’expression matérielle d’une unité de mesure unique à chacun.e, soit l’acte de respirer, afin de convier à l’harmonisation des rythmes collectifs. Agents actifs et expressifs, divers matériaux s’allient pour façonner l’enchevêtrement de nos souffles avec le monde.
Dans l’espace d’exposition, ces idées se cristallisent dans une série de sculptures de verre soufflé, qui se déploient dans l’espace grâce à des structures en acier plié. Les formes de verre évoquent l’idée du souffle et de sa modulation. Les structures en acier viennent donner une corporalité à ces respirations de verre, suggérant également l’idée d’enchevêtrement.
Dans certains vases, des fleurs baignent dans un liquide bleuté, que boivent les fleurs dès le début de la période d’exposition. Peu à peu, le pigment apparaît sur les pétales, marquant visuellement le passage du temps. En conjuguant la pérennité du verre et de l’acier avec l’éphémérité d’une fleur, ces matières sont confrontées à leurs différences fondamentales, mais engagent tout de même une agentivité relationnelle. En plans successifs, chaque matière souligne un rapport de réciprocité dans le temps vécu, invitant le public à observer sa propre perception temporelle.
Différents éléments scénographiques viennent complémenter les œuvres. Des rectangles de lumière au sol suggèrent la lumière naturelle provenant de fenêtres, et des macrophotographies grand format insérées sous des plaques de verre givrées nous présentent les phénomènes microscopiques qui ont cours dans la salle d’exposition. De manière globale, le corpus prend la forme d’une installation évolutive qui explore l’agentivité des matières ainsi qu’une temporalité déconstruite et subjective. En harmonisant ainsi des rythmes respectifs, il s’agit de valoriser le potentiel collectif de notre perception du temps, ou même de chaque respiration face à notre environnement.












